lundi 7 décembre 2020

La clotûre du Prix du Vent dans les BD

 Le déroulement du Prix du Vent dans les BD a été pas mal bouleversé cette année. Lancé en février, il démarrait à peine que les bibliothèques fermaient le 14 mars pour deux mois ! Le comité d'organisation a donc décidé de prolonger le prix jusqu'à fin octobre pour permettre la lecture des bandes dessinées sélectionnées mais le partenariat avec les collèges n'a pu avoir lieu.

Les séries de livres déposées traditionnellement à l'Espace Culturel du Champ de Foire ont été enlevées à cause des mesures sanitaires et la série achetée par le cabinet médical n'a pas non plus pu être lue !

L’annonce des résultats et la remise des lots à des lecteurs tirés au sort parmi les participants ont eux aussi été perturbés par la fermeture des bibliothèques au public jusqu’au 27 novembre. Les résultats n’ont été annoncés que le 1er décembre !

 Les trois bandes dessinées lauréates en 2020 sont :

« Maléfices » d’ Elsa Bordier et Sanoe dans la catégorie jeunesse, où une héroïne qui n’a pas froid aux yeux va affronter de multiples dangers.



 

 « Green class » de Jérôme Hamon et David Tako dans la catégorie ado, au sujet d’actualité puisqu’un mystérieux virus y transforme les humains en monstre.


 

« Le loup »  de Jean-Marc Rochette dans la catégorie adule, dans lequel un grand loup blanc et un berger vont s’affronter.

 


 

Il n’y a pas eu de cérémonie de clôture ni de photo de groupe, distanciation sociale oblige  pour les lecteurs tirés au sort. Il s’agit de : Jules Goaoc. Nolwenn Dagorn  et Christophe Nicol. Chacun a gagné des bandes dessinées et un bon d’achat pour la librairie St Christophe à Lesneven. La remise de leurs lots  a eu lieu samedi 5 décembre à la bibliothèque. Ils sont venus à tour de rôle. Merci à photoshop de les avoir rassemblés !



jeudi 5 novembre 2020

Betty - Tiffany McDaniel - Editions Gallmeister - 716 p

Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne. La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler. Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. 

Un livre magnifique, très émouvant. La poésie de l'écriture de Tiffany McDaniel est sublime. Betty, la petite indienne, restera encore longtemps dans ma mémoire. Grand coup de coeur.

 

jeudi 22 octobre 2020

Changer l'eau des fleurs - Valérie Perrin - Ed. Albin Michel - 557 p


Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu'elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu'un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l'on croyait noires, se révèlent lumineuses. Valérie Perrin nous fait partager l'histoire intense d'une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur.

Coup de coeur pour ce beau roman à lire et à offrir à ses proches.  Des sourires, des rires, des larmes, de l’amour, de la haine, du pardon et encore de l’amour. Un livre qu'on achève à regret tant  les personnages nous sont proches et ils vont nous habiter encore longtemps.

mardi 22 septembre 2020

La bombe - ALCANTE et Laurent-Frédéric BOLLEE - ill. Denis RODIER

Historique


Le 6 août 1945, une bombe atomique ravage Hiroshima. Des dizaines de milliers de personnes sont instantanément pulvérisées. Et le monde entier découvre, horrifié, l’existence de la bombe atomique, première arme de destruction massive. Mais dans quel contexte, comment et par qui cet instrument de mort a-t-il pu être développé ? 

Ce roman graphique de 450 pages nous fait découvrir les coulisses et les personnages-clés de cet événement historique qui, en 2020, commémore son 75e anniversaire. Tout cela est raconté à hauteur d’hommes, qu'ils en soient les acteurs comme les décideurs politiques (Roosevelt, Truman, Staline...) lancés dans la course à l'armement et pris dans la spirale de la géopolitique ou les scientifiques qui doivent parfois faire face à un dilemme moral mais aussi les victimes comme les cobayes humains utilisés à leur insu et tous les habitants d''Hiroshima et Nagasaki. On va les suivre tout au long de ce livre. 

Une bande dessinée extrêmement documentée mais jamais ennuyeuse grâce à la part belle faite à l'humain. Les auteurs mettent en avant les relations entre les personnages qui  sont vivantes et toujours crédibles. On suit leur parcours et l'on s'attache à eux comme cet habitant d'Hiroshima que l'on découvre par petites touches au fil des pages  dans sa vie familiale.  Ce livre est passionnant bien qu'on en connaisse l'issue funeste. Les  superbes dessins en noir et blanc sont en adéquation avec le propos. 

Dans la postface très intéressante l'auteur fait référence au manga Gen d'Hiroshima que j'ai chroniqué pendant le confinement, lecture indispensable (en noir et blanc également) si vous appréciez La bombe.

mardi 15 septembre 2020

La nanny - Gilly MacMillan - Ed. Les Escales - 423 p

 

 

 Policier

 Jocelyn, sept ans, aime sa nourrice plus que tout. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de traces, Jo est inconsolable. Comment a-t-elle pu partir ainsi, sans même lui dire au revoir ?
Trente ans plus tard, Jo se voit obligée de retourner vivre dans la demeure familiale, malgré la relation conflictuelle qu’elle entretient avec sa mère.
Alors qu’elle passe des jours sombres dans la bâtisse immense et inquiétante, une nouvelle vient bouleverser son quotidien : Hannah, sa nourrice, est de retour. Jo exulte, ravie de retrouver enfin la seule personne qui l’a réellement aimée.
Mais lorsque des restes humains sont découverts dans le jardin, la situation vire au cauchemar. Que s’est-il réellement passé lorsqu’elle était enfant ? Quels secrets cachait sa nourrice et que fuyait-elle ? Peut-elle faire confiance à sa mère ?
 
Un huis-clos entre femmes où règne une ambiance oppressante. La nanny fait vraiment froid dans le dos et jusqu'au bout on est dans le doute et les interrogations. Un roman noir bien construit et facile à lire.
 
 

vendredi 28 août 2020

Du haut de mon cerisier - Paola PERETTI

 

 

A partir de 9 ans

Mafalda a 9 ans, elle aime jouer au foot, s'occuper de son chat, lire et regarder les étoiles. Mais sa vue se dégrade rapidement et elle sera bientôt dans le noir. Pour affronter l'obscurité, elle doit affronter ses peurs, établir de nouveaux repères et ne jamais baisser les bras en faisant confiance aux autres et à soi-même.

L'histoire émouvante d'une fillette qui devient aveugle. Atteinte de la maladie de Stargardt, Mafalda a "du brouillard dans les yeux" qui floute ce qu'elle voit et "des taches noires devant les choses et les personnages" qui vont s'agrandissant : la docteure Olga l'a dit, dans six mois elle ne verra presque plus.  Alors chaque matin, elle a un rituel : elle évalue la distance qui la sépare du magnifique cerisier de la cour d'école à partir du moment où elle l'aperçoit. Peu à peu elle diminue (70 m, 60, 50...). Heureusement elle peut compter sur deux amis : Filippo un copain de son âge un peu rebelle et Estella qui travaille à l'école et sur l'amour de ses parents.

Ce roman s'inspire de la propre histoire de l'auteure. La couverture, très belle et très colorée, contraste avec le monde tel que le perçoit Mafalda.

les couvertures d'autres pays pour comparer




 

mercredi 26 août 2020

Les morsures de l'ombre - Karine GIEBEL

 Policier


Une femme. Rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu... Il l'a suivie chez elle... Ils ont partagé un verre, il l'a prise dans ses bras... Ensuite, c'est le trou noir. Quand  il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l'horreur. Une femme le retient prisonnier. L'observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie ? Une seule certitude : un compte à rebours terrifiant s'est déclenché. Combien de temps résistera-t-il aux morsures de l'ombre ?

 Le héros (plutôt la victime !) de ce roman n'est guère sympathique. Imbu de sa personne, coureur de jupons qui trompe allègrement sa femme, le commissaire Benoît Lorand ne dégage guère d'empathie pourtant il ne mérite pas les souffrances qu'on lui inflige. On a envie de découvrir les causes de cette haine  et si le pauvre homme va s'en sortir… S'il est d'abord confiant dans les recherches que doivent mener ses collègues pour le retrouver, son enfermement l'amène à réfléchir à sa vie passée... Un bon suspense qu'on ne peut lâcher,  assez anxiogène. Un livre sur la culpabilité, la vengeance, les crimes… dans lequel personne n'est  vraiment innocent, chacun a un ou des secrets... Je n'avais  encore jamais lu de romans de cette auteure reconnue (ce titre date de 2007 !). Bonne pioche pour cette première tentative.