Émilie Gleason s’est fortement inspirée du vécu de son frère,
diagnostiqué Asperger, pour raconter le quotidien de Ted. Il est toujours en
décalage avec les autres et cela donne souvent des situations cocasses,
absurdes. On voit bien aussi comment ses toc peuvent être dramatiques pour ses
proches, surtout quand ils s’aggravent et leur détresse face à sa maladie
mentale.
Les illustrations permettent une véritable immersion dans un esprit pas
vraiment commun avec un tourbillon de couleurs et d’énergie, à l’image de son
personnage principal, géant filiforme au corps très expressif, ressemblant
parfois à un pantin désarticulé. Dessiner les personnages secondaires sous la
forme de silhouette est une vraie trouvaille, comme s’ils n’existaient pas
vraiment dans l’univers autocentré de Ted.
On pourra relire « La différence invisible »
(critiquée sur notre blog), autre bd sur l’autisme mais très différente dans
l’angle d’approche et le graphisme, car son héroïne essaie constamment de
s’adapter à son environnement (d’où le titre), alors que Ted tente de plier le
monde à ses désirs, courant à la
catastrophe.
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